Lundi 7 mai 2007

Et bien voilà, c'est fait. Les français ont décidé de s'auto-infliger 5 ans ferme de sarkozysme. Après déjà 5 années de purgées, on aurait pu espérer une libération conditionnelle. Mais non. La peine est lourde... Et il faut admettre que la victoire du candidat de la droite dure est nette avec une participation exceptionnelle.

La France est donc bien un pays de droite. La valeur du travail, toujours plus d'heures de travail, le mérite de ceux qui réussisent, la honte de ceux qui, en ne travaillant pas, profitent forcément du système, l'identité nationale menacée par l'immigration... Toutes ces valeurs sont donc primordiales pour 53% des français, plus importantes en tout cas que la solidarité avec les plus faibles, la fraternité avec ceux qui ne nous ressemblent pas forcément, le besoin d'Etat pour assurer la pertinence et l'égalité des services publics...

La politique c'est une façon de faire des choix, d'établir des priorités. Je ne dis pas que les gens de droite ne partagent pas de valeurs comme l'aide aux plus faibles, ni que les gens de gauche pensent forcément qu'il n'y a que la prévention pour lutter contre la délinquance. Je dis qu'il y a des valeurs qu'on considère plus importantes que les autres, et que ce qui est proposé par le nouveau président (je ne vais pas écrire "chef de l'Etat", ça me fait trop mal de parler de chef en pensant à lui...), ce qui est proposé par le nouveau président donc et qui a été voulu par 53% des votants, représente la droite dure, la droite décomplexée, celle qui est fière des profits, fière des réussites individuelles et qui préfère regarder là où ça brille plutôt que là où il fait plus sombre.

Son ambition personnelle est accomplie, compte-tenu de son discours mesuré d'hier soir, peut-on espérer que Nicolas Sarkozy se montre moins manichéen, moins sectaire et moins diviseur que ce qu'il a prouvé depuis tant de mois déjà ? Attendons de voir.

Un mot quand même pour Ségolène Royal, qui a fait à peu près le même score que Lionel Jospin en 1995 et beaucoup plus de voix grace à la forte participation. Elle n'aura pas démérité durant cette campagne. Tout n'a pas été parfait, cela a pu paraître un peu brouillon parfois, en tout cas moins professionnel que la "machine UMP" bien huilée. Sans doute aussi a-t-elle eu la malchance d'avoir dans son camp des ambitieux rancuniers qui ne lui ont pas facilité la tâche. La réaction de DSK hier soir, dès 20h05 était pitoyable. J'en arrive même à me dire, heureusement qu'il n'a pas été le permier ministre de Ségolène.

Ségolène est une femme, est-ce que cela a eu un impact, positif ou négatif ? Ca en a eu un evidemment. Cela a d'ailleurs pu avoir à la fois à effet positif (sympathie, renouvellement, empathie...) et négatif (incompétence, instable, superficialité...) ) à la fois. Peut-être que cela se passe dans notre inconscient sans que l'on n'ose nous l'avouer.

En tout cas elle a été solide. Y-a-t-il beaucoup de politiques qui peuvent s'adresse à une foule de 40000 personnes comme elle l'a fait à Charlety ? Sa campagne a été moderne, dynamique mais pas toujours claire. Dommage pour cette fois. Mais espérons que les vieilles ranqueurs des vieux éléphants ne viennent pas mettre à terre l'enthousiasme militant de gauche qui a brillé pendant ces derniers mois. Et souhaitons bonne chance à Ségolène pour la suite et bonne chance à tous ceux qui croient que pour vivre ensemble il faut savoir accepter la différence de chacun et savoir accepter aussi que la générosité et la solidarité sont indispensables pour une société apaisée et humaine.

Par Patoche - Publié dans : Elysée 2007
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